Corps de chair, corps de pierre : Catherine Froment dans la basilique

1 janvier 2021  > 31 décembre 2021 Événement , Spectacle vivant

L'autrice et performeuse nous invite en 2021 avec ses mots et son corps au chevet des gisants…

© Léa Dasenka

   

Une résidence artistique

La basilique cathédrale Saint-Denis accueille durant toute l'année 2021 l'auteure et performeuse Catherine Froment en résidence d'écrivaine autour de la thématique de « La chair et la pierre ».

Une résidence est à la fois un temps de création pour l'artiste, un temps de rencontres et de performances qui se dérouleront dans la basilique et d'actions en direction des publics de la ville de Saint-Denis. Sur le temps long, Catherine Froment va investir la nécropole royale, le territoire étrange des tombeaux des rois et reines de France, pour nous faire partager son univers.

« La chair et la pierre » Acte 1 / avril 2021

Vidéo-performance 

Textes et voix : Catherine Froment
Musique : Aline Loustalot
Images : François Weber
Costumes : Virginie Alba du Collectif Costume
Illustration : Lucas Harari
Conception graphique : Studio des formes

Une production de l'Association Bibliothèques en Seine-Saint-Denis et du Centre des monuments nationaux

« La chair et la pierre » Acte 2 / avril 2021

Atelier d'écriture en collaboration avec les étudiants du master de création littéraire de l'université Paris 8

sous le regard de l'autrice Catherine Froment en résidence d'écriture à la Basilique Saint-Denis.
Avec par ordre d'apparition : Anissa Solène Bernollin : "L'ossuaire" Rose-Marie Folly : "La postérité" Théo Charré : "Basilique !"
Rose-Marie Folly : "Mon corps nègre" Camille Dulouard : "Cette nuit-là"
Images : Larha Magassa
Montage : Elsa Baudry

En collaboration avec l'historienne Gabriela Figueroa

Pourquoi « la chair et la pierre » ?

« Ce qui caractérise les gisants, ces statues allongées, c'est leur présence forte qui nous amène à les considérer comme des êtres vivants ». Comment expliquer et écrire cette « présence » ? Que provoque-t-elle en chacun de nous ? Et quelles résonances historiques, sociologiques, théologiques et artistiques peuvent y répondre ?

Cette résidence d'écriture est un laboratoire de création littéraire mais également performatif. En effet, mon métier initial de comédienne-performeuse me conduit vers une écriture ancrée dans une oralité et en dialogue constant avec le passage sur scène.

 

© Léa Dasenka

   

Corps à corps

J'entamerai ma recherche en mettant en jeu une très grande proximité du corps de chair avec ces corps de pierre que sont les gisants : ces « corps à corps » prendront plusieurs axes d'exploration, notamment avec la question de « chercher sa place » auprès de ces gisants. Y-a-t-il une place pour un autre corps à leurs côtés et comment ?

En mettant le corps à l'épreuve de la pierre, une double transformation opère aussi bien pour le corps humain que pour ces statues. Mon écriture et les tentatives performatives tendront aussi à interroger la localisation de ces sculptures au cœur de la ville de Saint-Denis, et de fait, en grande proximité physique avec les habitants.

 

© Léa Dasenka 

   

Au chevet des gisants

Pourquoi finalement cette nécessité d'interagir et écrire à propos de ces gisants et de la basilique Saint-Denis ? Les choses bougent trop vite, et nous avons besoin de rentrer en contact avec des êtres ou des endroits qui dépassent notre fugitive temporalité et nous replacent ainsi dans un vrai contact avec la matière -en l'occurrence ici avec la pierre omniprésente dans le monument y compris celle constituant les gisants.

C'est comme si ces corps de reines et de rois, qui ont déjà fait l'objet de tant et tant de statues en position debout, finissaient leur route avec cette dernière sculpture allongée, sous cette forme de gisants. « Est-ce leur manière à eux de nous laisser la place à leurs côtés et de nous inviter plus que jamais à contempler puis à agir et à créer ? ».

 

© Léa Dasenka 

   

Catherine Froment, autrice, performeuse, actrice, metteuse en scène

Formée auprès d'artistes phares qui explorent les écritures contemporaines, elle pratique le théâtre avec des artistes qui ont un rapport singulier à la matière, au corps et au texte tels que Rodrigo Garcia, Oskar Gomez Mata, Solange Oswald, Raffaella Giordano, J.M Rabeux.

Elle est autrice et son théâtre travaille sur l'éclatement des formes, une écriture scénique proche de la performance. Ses œuvres interrogent le monde contemporain et ouvrent des nouveaux champs des possibles dans les formes théâtrales actuelles.

Sept créations et plus de dix performances ont vu le jour depuis 2009. Le Théâtre Garonne à Toulouse compte parmi ses plus fidèles partenaires. Sa dernière création, « la Fin des jours, le jour de toute fin » a été créé en collaboration avec la programmation du Centre des monuments nationaux du Château de Carcassonne et la Galerie Chorégraphique en 2019.

Elle est publiée aux éditions R.R. Écritures avec les ouvrages « La Spectatrice de la Vitesse » en 2012 et « Quelque chose peut encore rentrer dans ma vie » en 2018.

Elle est artiste associée au Générateur à Gentilly, lieu d'Art et de Performance.

En 2019, elle a réalisé une résidence d'écrivain avec le soutien de la Région Ile de France et Mains d'œuvres à St Ouen. Catherine Froment enseigne la Performance à l'Université Jean Jaurès de Toulouse en Master d'écriture dramatique du Département Art & Com.

À propos de Catherine Froment

« Actrice, auteur, musicienne et performeuse, son œuvre interroge les normes en jouant d'une totale perturbation identitaire. Ses écrits, les objets et les bandes sonores qui accompagnent parfois ses actions, étirent jusqu'à son point le plus extrême la banale réalité quotidienne qu'elle convoque et questionne pour mieux en révéler la folie. La collision entre des attitudes corporelles exacerbées et un lieu spécifique génère des glissements, des échappées, de l'inattendu, du déconcertant. L'extrême jeu de son corps et l'ancrage de son travail dans des espaces bien éloignés du monde du spectacle donnent naissance à des événements mettant à distance sa formation initiale de comédienne ». Article E. Goupy- Revue Inter Art Actuel n°109

« … Catherine Froment ne crée pas des divertissements, mais des gouffres et des vases communicants. Elle est le poète infini de notre mort et de notre vie, la passante considérable d'un nouveau théâtre de la cruauté. Démiurge de la tragédie contemporaine, elle est le bouc égorgé dont on suit les filets de sang dans les rigoles et les ornières du théâtre.

Elle est l'artiste du retour des salives et des sueurs, des os de la voix, et des menstruations des guerres de la lune. Son poème permanent tranche nos veines pour une transfusion de temps entre les livres et la vie, au bord de nos bords et de nos boussoles. Au bord de la vie. » Serge Pey, poète, avril 2012.

Consulter la page « Propos » sur le site catherine-froment.fr

Une résidence de rencontres

La résidence d'écriture sera ponctuée de lectures, de performances, d'ateliers d'écriture -avec le Lycée Suger ainsi que le Master de Création Littéraire de l'Université Paris 8- de tables rondes avec des sociologues, des historiens ainsi que de partages littéraires avec d'autres auteurs contemporains.

La résidence, organisée par le Centre des monuments nationaux, s'inscrit dans le programme Écrivain.e.s en Seine-Saint-Denis, mis en place par le Département de la Seine Saint-Denis avec pour objectif majeur de faire accéder un public plus nombreux et plus diversifié aux formes contemporaines de la littérature, tout en aidant la création. La Ville de Saint-Denis et l'Université Paris 8 soutiennent et accompagnent le projet.

 

Informations pratiques

Plusieurs évènements auront lieu en public dans la basilique dès que la situation sanitaire le permettra ou seront diffusés sur ce site et les réseaux sociaux.

Première diffusion : dans le cadre du Festival littéraire Hors Limites à partir du 4 avril 2021.

Par ailleurs, Catherine Froment a participé le 23 février 2021 à une table ronde organisée par l'Université Paris 8 :
  

  

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