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Concert en hommage à Pierre Pincemaille

14 avril 2018 Concert

Assistez à un concert en hommage à l'organiste titulaire des grandes orgues de la cathédrale de Saint-Denis de 1987 à 2018

     

Concert en hommage à Pierre Pincemaille (1956 – 2018)

Organiste titulaire des grandes orgues de la cathédrale de Saint-Denis de 1987 à 2018

Samedi 14 avril 2018 à 11h - Entrée gratuite

   

Afin d’honorer la mémoire de Pierre Pincemaille, un artiste au talent exceptionnel et à la carrière éblouissante ses anciens prestigieux élèves, le Madrigal de Paris, le Chœur de la cathédrale uniront leur talent pour un moment musical de haute qualité comme Pierre Pincemaille les appréciait.

>> pierrepincemaille.fr

    

Programme du concert :

- Gabriel FAURE (1845-1924) :  Introit-Kyrie, extrait du Requiem
Le Madrigal de Paris, direction Pierre Calmelet
Quentin Guerillot, orgue

- Jean-Sebastien BACH (1685-1750) : Choral : Liebster Jesu, wir sind hier BWV 731
Julien Lucquiaud

- Jean-Sebastien BACH : Choral  Wir glauben all’ an einen Gott BWV 680
Pierre Queval

- Pierre PINCEMAILLE (1956-2018) : Motet  Ave Maria
Le Madrigal de Paris

- Pierre PINCEMAILLE (1956-2018) : Chant donne dans le style de Maurice Ravel
Thomas Ospital

- Pierre PINCEMAILLE (1956-2018)  et ses anciens élèves : Suite improvisee pour choeur et orgue : « Une année liturgique à Saint-Denis ≫
Le Madrigal de Paris, le Choeur de la Cathedrale, les amis…
Quentin Guerillot, orgue de chœur

Au grand orgue joueront successivement :
Baptiste-Florian Marle-Ouvrard, Saint-Eustache (Paris)
Julien Lucquiaud, Saint-Dominique (Paris)
Pierre Queval, Saint-Ignace (Paris)
Hampus Lindwall, Saint-Esprit (Paris)
Nicolas Pichon, Saint-Martin-d’Esquermes (Lille)
Thomas Ospital, Saint-Eustache (Paris)
Samuel Liegeon, Saint-Pierre-de-Chaillot (Paris)
Baptiste-Florian Marle-Ouvrard

-Charles-Marie WIDOR (1844-1937) Méditation, extrait de la 1ere Symphonie op.13
Pierre Offret

-Louis VIERNE (1870-1937) Kyrie, extrait de la Messe solennelle op.16
Le Madrigal de Paris
Baptiste-Florien Marle-Ouvrard, grand orgue

    

    

Les commentaires suivants seront présentés avant chaque moment musical :

◊ Gabriel FAURÉ  (1845-1924). Introït-Kyrie, extrait du Requiem 

C’est le Requiem de Maurice Duruflé qui était à l’honneur lors de la célébration des obsèques de Pierre Pincemaille à Herblay le 17 janvier dernier. L’organiste de Saint-Denis en avait décidé ainsi, lui qui plaçait musicalement le Requiem de Duruflé au-dessus de celui de Fauré. 

Évoquant les circonstances de la création de son Requiem, Fauré avouait l’avoir fait pour rompre la monotonie des nombreux enterrements qu’il avait à accompagner à la Madeleine. Quant à la sérénité qui habite l’œuvre, loin de l’effroi de la mort, elle traduit le fait que Fauré voyait celle-ci « comme une délivrance heureuse, une aspiration au bonheur d’au-delà, plutôt que comme un passage douloureux ».

   

◊ Jean-Sébastien BACH  (1685-1750). Choral : Liebster Jesu, wir sind hier BWV 731

« Bien aimé Jésus, nous sommes ici pour entendre Ta parole. Dirige nos pensées et nos désirs vers les enseignements du ciel, afin que nos cœurs soient entièrement attirés de la terre vers Toi »

Ce choral appartient au recueil des 27 chorals divers, aux origines variées, œuvres souvent recopiées par des élèves organistes, en un temps où peu de partitions imprimées circulaient. On y trouve trois chorals composés sur le même thème. La troisième version, au programme d’aujourd’hui, est un choral orné : la mélodie y apparaît, magnifiquement ornée au soprano,  et chante avec ferveur. La montée en coda illustrera le verset final du texte.

   

◊ Jean-Sébastien BACH. Choral : Wir glauben all’ an einen Gott    BWV 680

« Nous croyons tous en un seul Dieu, créateur du ciel et de la terre, qui s’est fait notre Père afin que nous soyons ses enfants. Il veut pourvoir à nos besoins, protéger l’âme et le corps, nous préserver de toute embûche. Aucun mal ne peut nous frapper, Il a soin de nous, nous garde et veille sur nous. Tout est en son pouvoir. »

Ce choral est une grande fugue à 3 voix sous laquelle se greffe en contrepoint une basse faisant entendre à six reprises, en motif obstiné, une puissante montée de croches en tierces brisées, redescendant symétriquement en une gamme de double croches, qui symbolise la certitude du chrétien cheminant sur les sentiers de la foi. Le sujet de la fugue, quant à lui, proclame haut et clair, à quatorze reprises, que « Nous croyons tous en un seul Dieu ».

   

◊ Pierre PINCEMAILLE (1956-2018) : Motet : Ave Maria

Maîtrisant pleinement l’Écriture musicale, et fort d’un langage qui était le sien sans être véritablement original, Pierre Pincemaille a composé 3 motets pour chœur mixte a cappella : Pater Noster, Ave maria et Ave Verum, qui viennent nourrir le répertoire des ensembles vocaux sensibles au langage typiquement français de la première moitié du 20ème siècle. L’Ave Maria, initialement composé en 1983,  dans le style de Ravel et Duruflé, a fait l’objet de modifications presque 30 ans plus tard, avant d’être proposé au Madrigal de Paris pour une création en novembre 2012 à la cathédrale de Saint-Denis.

   

◊ Pierre PINCEMAILLE : Chant donné dans le style de Maurice Ravel

Professeur d’écriture dans différents conservatoires depuis 1983, de l’ENM de Chatellerault au CNSM de Paris, Pierre Pincemaille a conçu un ensemble considérable de textes pour les besoins de son enseignement. À partir d’un chant ou d’une basse imposés, les élèves doivent écrire les parties manquantes selon des règles strictes, et dans le style requis. Thomas Ospital a extrait de ce corpus un Chant donné (…)

   

◊ Pierre PINCEMAILLE et ses anciens élèves : Suite improvisée pour chœur et orgue : « Une année liturgique à Saint-Denis » 

La création des Chœurs de la Cathédrale en 2005 a permis de constituer un répertoire de cantiques chantés chaque dimanche en polyphonie. Pierre Pincemaille mettait dans ses harmonisations tout son art d’écriturien et de contrapuntiste, sa science des belles harmonies au profit des choristes et des organistes de chœur, et au service d’une liturgie musicale propice à la prière des fidèles.

Petit échantillon de ce répertoire, associé à cet art de l’improvisation que Pierre Pincemaille a transmis à ses élèves organistes, voici une suite de chants jalonnant l’année liturgique, de l’Avent à la Toussaint, entrecoupés d’improvisations comme on pouvait en entendre lors de la messe chaque dimanche matin. Les 7 anciens élèves de Pierre Pincemaille qui se succèdent au grand orgue pour improviser d’un chant à l’autre l’ont tous, ponctuellement, remplacé au grand orgue.

Chants : Vienne la Rosée (Avent) - Entre le bœuf et l’âne gris (Noël) - Béni soit Dieu (Carême) - Peuple de baptisés (Pâques) - Nous sommes le corps du Christ (Pentecôte) - Dieu nous invite à son festin (Saint-Sacrement) - Autour du trône de l’Agneau (Toussaint)

◊ Charles-Marie WIDOR (1844-1937) :  Méditation, extrait de la 1ère Symphonie op.13

Aristide Cavaillé-Coll, prodigieux facteur d’orgues du XIX° siècle, a érigé en 1840 son tout premier instrument à l’Abbaye royale de St-Denis, devenue Basilique, puis cathédrale en 1966. Cet orgue abrite des techniques de conception qui, en 1840, étaient absolument sans précédent dans l’Histoire de la facture d’orgues. 20 ans plus tard, en 1862, Cavaillé-Coll termine en l’église St-Sulpice à Paris, un orgue de 100 jeux, le plus important jamais construit par lui. Charles-Marie Widor en devient l’organiste titulaire en 1870. 

Il est évident que c’est dans cet instrument exceptionnel que Widor a puisé son inspiration pour composer une série de dix symphonies pour orgue. La Méditation de la première symphonie, met particulièrement en valeur les jeux de flûtes conçus avec une incomparable poésie par Cavaillé-Coll.

◊ Louis VIERNE (1870-1937) : Kyrie, extrait de la Messe solennelle op.16

Sous l’Ancien Régime, lors des offices religieux, les ensembles vocaux (placés dans le chœur des églises) étaient soutenus par un dispositif instrumental réduit au strict minimum : un violoncelle, ou une contrebasse ! Ce n’est qu’au 19ème siècle que s’est progressivement concrétisée l’idée d’équiper les cathédrales et les grandes églises d’un deuxième orgue – de dimensions réduites – placé dans le chœur, et dont la fonction est d’accompagner tout ce qui est chanté.

A Paris, le premier orgue de chœur a été installé en 1829, en l’église Saint-Étienne-du-Mont. Et c’est le fait de disposer de deux instruments en un même lieu qui a donné l’idée à certains compositeurs d’écrire une messe pour chœur et deux orgues. La première de ces messes a été composée par Charles-Marie Widor en 1885. Également séduit par ce dispositif instrumental, son plus brillant disciple, Louis Vierne - qui deviendra le célèbre organiste de Notre-Dame de Paris - écrit à son tour quatorze années plus tard en 1899, sa Messe Solennelle pour deux orgues et chœur. 

Dès les premiers accords, dès les premiers dialogues entre ces deux masses sonores éloignées d’une centaine de mètres, on est saisi par ce miracle de connivence et de complicité entre des musiciens séparés de la longueur d’une nef. À la qualité purement intrinsèque du discours de Louis Vierne se greffe l’émotion que procure la parfaite synchronisation d’une musique dont les sources se situent aux deux extrémités d’une cathédrale. 

Pierre Pincemaille inscrivait régulièrement cette Messe de Vierne à ses programmes de concert-anniversaire, disant de ce chef-d’œuvre qu’il constituait l’archétype de son idéal en matière de musique liturgique. Il l’avait découverte, chantée lors d’un office à Notre-Dame-de Paris dans les années soixante-dix, avec Pierre Cochereau aux grandes orgues de la cathédrale et la maîtrise du chanoine Jehan Revert.

C’est en toute logique que cet hommage musical s’achève par le Kyrie de cette Messe que Bernard Gavoty, célèbre critique musical et lui-même élève de Louis Vierne,  qualifiait dans le domaine de la musique liturgique de « digne réplique du Requiem de Fauré ».

 Je n’ai eu qu’un seul but : émouvoir » :  Louis Vierne.

   

Informations pratiques :

Samedi 14 avril 2018 à 11h

Entrée gratuite